Le juge a demandé que je sois examinée par un gynécologue, j’y suis allée avec le gendarme qui s’occupe de mon affaire. J’ai été obligée d’écarter mes cuisses pour que le gynécologue puisse introduire quelque chose pour voir si je suis toujours vierge et s’il reste une trace .C’était humiliant pour moi et en plus ça faisait mal. Il a bien vu qu’il y a des traces mais qu’on ne peut pas les dater. Ensuite j’ai vu un psychiatre pour voir si je ne suis pas folle. Ensuite un psychanalyse pour voir je ne si je suis intelligente ou pas.
X était en liberté, il travaillait, avait une voiture, il m’a tout pris. Mon père ne discutait toujours pas avec moi, dès qu’il avait une information, il le disait à son ami. Un soir en rentrant chez moi, j’ai croisé le frère de X dans la rue, il m’a insulté.
- Ah c’est toi que mon frère a baisé ! m’a-t-il dit.
Il a commencé à m’insulté, je ne me suis pas arrêtée j’ai continué mon chemin. Ça m’a fait mal, j’ai l’impression d’être un déchet que tout le monde maltraite comme si je n’ai pas de sentiment. Un autre jour j’ai croisé l’oncle de X.
-Tu es sûr que c’est lui t’as violé ? Alors est-ce qu’il t’a fait mal ? Tu es sûr ? Moi aussi je l’ai déjà fait à plusieurs personnes et pourtant elles n’ont pas porté plainte. Arrête, tu vas lui gâcher la vie. Il n’aura plus de boulot après la prison.
Et moi alors ? Il m’a gâché la vie, je n’ai plus de vie, je me sens toujours mal, tous les jours. Même s’il va en tôle ça ne changera rien, j’aurai toujours le mal être. En me violant il a pris la petite lueur qui me restait encore après mon premier viol. Je me suis toujours demandée ce que j’ai fait pour mériter tant de souffrance. Je me dis que je suis maudite.
Avant je me disais que c’est de ma faute s’il m’a violé,, c’est parce je suis une fille. Je me faisais beaucoup de mal.
Je ne m’aimais pas, maintenant que je veux manger et que je veux reprendre confiance en moi pour pouvoir m’aimer, je n’y arrive pas.
X aussi a vu un psychiatre, et une psychanalyse. Ils disent qu’il a une mentalité médiocre mais qu’il est responsable de son acte.
Je le déteste tellement !
Pendant des semaines je n’ai pas revu mes copines, elles ne passent plus chez moi, alors que c’est à ce moment là que j’avais besoin de soutient, de câlins, qu’on me serre fort pour me calmer ma douleur. C’est ça qui me manque, je n’ai pas d’affection.
Même avec mon ex, il ne me prenait pas dans ses bras.
J’ai toujours ce besoin, qu’on prenne soin de moi mais malheureusement personne ne le fais jusqu’à maintenant, ni amis, ni petit ami. Je suis seule.
J’ai toujours l’impression que j’ai fait quelque chose pour mériter tout cela c’est pour ça que je me faisais du mal.
J’ai toujours peur lorsque je passe dans la rue, qu’on me dévisage, que je suis un miroir où on peut lire mes secret.
Avec ma psychologue elle ne voulait pas qu’on parle de ce qui s’est passé alors que c’est ce dont j’ai besoin. Parler du passé pour pouvoir fermer la blessure.
Me retrouver toute seule pour mener ce combat, ça ouvre encore plus la blessure. X continuait à habiter dans mon quartier, à me harceler, la justice n’a rien fait. J’allais plusieurs fois à la gendarmerie pour les prévenir, ils me disent qu’ils iront le voir et le deuxième jour je le revoyais. Je me rappelle une fois, je suis allée voir le gendarme, il m’a dit que c’est parce que ça s’est passé il y a longtemps c’est pour cela qu’il est en liberté. Je suis partie, arrivée dehors, je me suis effondrée, j’ai pleuré de toutes les larmes de mon corps. Je suis vraiment seule. Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter de souffrir ? Naître pour souffrir, ça n’en vaut pas la peine. Ils méritent tous de crever ces violeurs, qu’on leur coupe leur queue.
Il m’a condamné à porter ce fardeau. Je me sentais sale, je me détestée mais en même temps j’avais envie que quelqu’un me serre dans ses bras.
Dans mon prochain article je vous parlerez de ma relation avec les hommes.